Arche des petites bêtes

Arche des petites bêtes
Les petits animaux se dévoilent !

Projet unique en France, l’Arche des petites bêtes est une impressionnante éco-construction de 500 m2 dédiée aux petits animaux peu ou mal connus du grand public, qui a pour vocation de présenter d’une façon inédite des espèces hors du commun d’invertébrés, de vertébrés et d’amphibiens

Présentation de l’Arche des petites bêtes

L’Arche des petites bêtes : Les petits Animaux se dévoilent !

Ce projet unique en France a pour but de présenter de façon novatrice des « petites bêtes », appartenant pour la plupart à la classe des amphibiens et au groupe des invertébrés, afin de montrer au public leur incroyable diversité et révéler leur importance écologique.

Bâtiment hors norme – imaginé par Colomba de La Panouse-Turnbull, interprété par l’architecte Pascal Bas et végétalisé par le paysagiste Philippe Peiger – l’Arche des petites bêtes, posée sur les terres du Parc et Château de Thoiry, est un immense vaisseau de bois et de chanvre de 500 m2 partiellement immergé au cœur d’une zone humide européenne et coiffé d’un toit recouvert de végétaux. Cette construction exceptionnelle et inédite permet de présenter des espèces mal connues de façon attractive pour les visiteurs et dans des conditions de vie optimales pour elles. L’Arche témoigne aussi du respect de l’engagement du Parc et Château de Thoiry en matière de développement durable.

Le visiteur pénètre dans l’Arche des petites bêtes par une ouverture à la poupe. Il est invité à suivre un cheminement traversant cinq zones différentes qui le mènent de l’ombre à la lumière, tant physiquement que sur le plan de la réflexion scientifique et philosophique. Durant sa visite, il passe ainsi successivement par une étape de constat (menaces pesant sur la nature), le temps de la découverte (merveilles de la nature), le stade de l’obscurantisme (peur de la nature), une phase d’observation (connaissance de la nature) pour enfin parvenir aux solutions (préservation de la biodiversité).

Au cours de sa progression, le visiteur découvre une soixantaine d’espèces animales originaires de tous les continents et de milieux très variés, présentées dans des espaces reproduisant les conditions de leurs habitats naturels, afin de satisfaire au mieux leur bien-être et de favoriser leur reproduction. Les 41 vivariums qui hébergent les animaux ont tous été réalisés sur mesure et les milieux ont été reconstitués avec différents substrats et enrichis d’une quarantaine d’espèces végétales.

L’aménagement intérieur de l’Arche des petites bêtes a été conçu de telle sorte que le visiteur ait la sensation, pour les espèces minuscules, d’être le spectateur privilégié de mondes miniatures et, pour les espèces de plus grosse taille, d’être projeté dans leurs écosystèmes. Axolotl, grenouille mousse, triton mandarin, mygale à genoux rouges du Mexique, mantelle dorée, caméléon panthère, lézard à casque, dendrobate chocolat peuvent ainsi être observés, sans oublier quelques mammifères comme des rats à trompe et des ouistitis pygmées...

Tout au long de la visite, les visiteurs ont la possibilité d’apercevoir des zones d’élevage au travers de baies vitrées, ils peuvent ainsi observer les derniers nés. Au milieu de l’Arche, la cabine de Noé, jeune explorateur des temps modernes, propose une halte où le visiteur peut apprendre la nature et s’initier à sa conservation. Grâce à une pédagogie extrêmement ludique, il découvre au cours de son voyage certaines des solutions mises en œuvre par l’Homme pour mieux connaître et sauvegarder les milieux et leurs hôtes nus, écailleux ou poilus !

Zone 1 : Alerte

Le temps du constat

La méduse lune et le bernard-l’ermite sont deux sentinelles de l’environnement. Bio-indicateurs des modifications du milieu marin, leur abondance ou leur absence témoignent d’anomalies. Ces animaux alertent l’Homme sur l’urgence de passer à l’action pour sauvegarder la biodiversité.


© Scénographie Médiéval - AfDP / G.Grammon

Zone 2 : un monde étrange et merveilleux

Le temps de la découverte

Les animaux présentent parfois des particularités et des caractéristiques morphologiques, physiologiques et comportementales absolument stupéfiantes !


© Scénographie Médiéval - AfDP / G.Grammon

Zone 3 : un monde méconnu et effrayant

Le temps des mythes et des croyances

Ces animaux qui font peur parce qu’on les connaît mal.

Zone 4 : un monde que l’on a appris à connaÎtre

Le temps de l’observation

Pour bien connaître le vivant, il faut l’étudier, définir les liens qui l’unissent à son milieu et aux autres êtres vivants, puis comprendre la place de l’Homme dans cette communauté.


© Scénographie Médiéval - AfDP / G.Grammon

Zone 5 : un monde utiLe et fragile qu’il faut préserver

Le temps des solutions et de la réflexion pour un avenir en commun

Les petites bêtes remplissent un large éventail de fonctions éminemment utiles à l’Homme. Réciproquement, l’Homme joue un rôle dans le maintien de l’équilibre des milieux. L’Arche des petites bêtes est l’illustration de cette interdépendance.


© Scénographie Médiéval - AfDP / G.Grammon


© Scénographie Médiéval - AfDP / G.Grammon

Éditorial de Colomba de La Panouse-Turnbull

Depuis plusieurs années, je souhaitais que le Parc et Château de Thoiry s’implique dans la préservation des amphibiens et des invertébrés, animaux souvent oubliés des parcs zoologiques, tout en m’interrogeant sur la manière de les présenter afin de les mettre en valeur. En effet, ces espèces bien plus nombreuses que les mammifères représentent un enjeu tout aussi important en termes de biodiversité.

En 2007, je rencontrai le Dr Kevin Zippel, directeur des programmes de l’organisation internationale Amphibian Ark, afin d’obtenir des conseils pour avancer dans mon projet. Je me mis aussi à consulter régulièrement le site internet de l’organisation pour me tenir informée de ses activités. L’expression Amphibian Ark était donc déjà très présente dans mon esprit.En 2008, j’entrepris une grande tournée de parcs zoologiques à l’étranger.

Lors d’une visite au National Zoo de Washington, je retrouvai Jim Murphy du Smithsonian Institute, un herpétologue de renom avec lequel nous avions déjà travaillé. Il m’expliqua que selon lui, ainsi qu’une partie de la communauté herpétologique, nous étions potentiellement face à une extinction massive des amphibiens. Cela renforça ma conviction qu’il était indispensable de sensibiliser le public à la conservation du monde des « petites bêtes », mais fallait-il encore le faire de façon ludique et attractive.

Au retour, dans l’avion, je crayonnais sur une feuille de papier tout en réfléchissant à la création d’une attraction phare pour les amphibiens et invertébrés à Thoiry. Soudain, en regardant mon dessin, je pris conscience que j’avais spontanément dessiné une arche. Cela devint alors une évidence, c’est une arche qu’il fallait bâtir : « l’Arche des petites bêtes » !

À Thoiry, je craignais que cette idée paraisse quelque peu farfelue. Construire un bateau géant dans une prairie, elle-même située dans un parc appartenant à un site classé… Cela dit, Thoiry a toujours été avant-gardiste dans sa présentation des animaux. Mon père, Paul de La Panouse, a créé la Réserve Africaine en 1968, réunissant plusieurs espèces d’herbivores sur 60 ha, une première en Europe. Puis il a continué à innover en imaginant le tunnel de verre des tigres et celui des lions, plaçant ainsi les visiteurs en position de proie.

Je me lançai donc, non sans avoir fait dessiner le projet par un illustrateur en lui précisant le style architectural souhaité : éco-construction bioclimatique innovante avec toiture végétalisée, murs en torchis et zone humide pour la faune locale. Notre directrice zoologique, le Dr Cathy Gibault, qui appuyait cette démarche depuis le début, s’enthousiasma immédiatement. Nous présentâmes alors ce projet à mon père, à mon frère Edmond de La Panouse, président du Parc et Château de Thoiry, et à notre directeur général, Olivier Méliz. Leur soutien fut unanime.

Ainsi, avec Cathy Gibault, nous avons pu nous lancer dans la réalisation de l’Arche des petites bêtes afin d’élever une fois encore le Parc et Château de Thoiry à la pointe de l’originalité en termes de présentation zoologique. Cette nouvelle installation conjugue au mieux la vocation du Parc et Château de Thoiry en matière de conservation et son implication dans le développement durable. De graves menaces pèsent sur les amphibiens et les invertébrés et j’espère que ce projet de conservation et de sensibilisation – parti d’un constat scientifique indiscutable – trouvera écho auprès de vous.

Les trois objectifs de l’Arche des petites bêtes

être un centre d’élevage et de conservation pour les espèces d’invertébrés et d’amphibiens menacées

À ce jour, on recense 1 305 250 espèces d’invertébrés pour 64 283 espèces de vertébrés, dont 6 771 d’amphibiens. Beaucoup de ces invertébrés et de ces amphibiens sont d’ores et déjà proches de l’extinction, et cela dans l’indifférence quasi générale. Ces animaux sont pourtant indispensables à l’équilibre de la biodiversité.

La partie de l’Arche ouverte au public présente une soixantaine d’espèces d’invertébrés et d’amphibiens hors du commun et un espace baptisé « zones d’élevage » sert de nurserie pour les espèces présentées au public et permet de plus d’en élever d’autres particulièrement menacées. Ces dernières sont toutefois visibles du public au travers de baies vitrées qui permettent, par la même occasion, d’observer les soins prodigués aux animaux.

Depuis 2002, le Parc et Château de Thoiry s’implique dans l’élevage ex situ de six espèces d’escargots Partula (P. gibba, P. hyalina, P. tristis, P. dentifer, P. mooreana et P. suturalis vexillum), dont deux ont d’ores et déjà disparu dans la nature. Il s’investit également dans la conservation in situ des Partulidés, grâce aux subsides versés chaque année par le fonds de dotation Thoiry-Peaugres Conservation (TPC). Avec l’Arche des petites bêtes, le Parc et Château de Thoiry joue désormais un rôle beaucoup plus important dans la conservation des invertébrés, ainsi que dans celle des amphibiens. L’établissement a d’ailleurs commencé à étendre ses actions en participant au Programme d’élevage européen (EEP) du ténébrion de l’île de Frégate (Polposipus herculeanus) et en hébergeant la grenouille de Montserrat (Leptodactylus fallax), très rare dans la nature, et faisant l’objet d’un programme de réintroduction initié par le Durrell Wildlife Conservation Trust.

Etre une structure pédagogique et ludique permettant de sensibiliser le public à la conservation de la biodiversité et au développement durable

Colomba de La Panouse-Turnbull a tout naturellement imaginé un bâtiment représentant une arche, car symboliquement, cela renvoie immédiatement à l’idée de sauvegarde de la diversité animale. Avec cette nouvelle présentation, son souhait est également d’initier le public au concept de développement durable. Le choix d’une éco-construction s’imposait donc pour appuyer la démonstration pédagogique.

Les espèces présentées au public dans l’Arche des petites bêtes ont pour beaucoup été sélectionnées pour leur rareté ou leur intérêt en termes de conservation, mais aussi pour leur impact pédagogique. En effet, les parcs zoologiques jouent désormais un rôle crucial dans la conservation de la nature, grâce à leur capacité à sensibiliser et à éduquer un nombre croissant de visiteurs, environ vingt millions par an en France.

Ainsi, les animaux de l’Arche témoignent de la grande diversité des amphibiens et des invertébrés de notre planète, que ce soit de par leur aspect, leur stratégie de survie ou leur adaptation aux milieux dans lesquels ils vivent. Grâce à la curiosité qu’ils suscitent, ces ambassadeurs contribueront à attirer l’attention sur les espèces parfois moins spectaculaires et plus vulnérables, hébergées dans les zones d’élevage du bâtiment.

Alliant l’esthétique, par la mise en scène des différents habitats traversés, et l’apprentissage, avec les personnages de Noé et Zoé, son amie la grenouille, la scénographie intérieure a également pour objectif de faciliter le processus pédagogique de sensibilisation. Au final, l’installation tout entière remplace les longs discours car dans l’Arche des petites bêtes, il s’agit également de s’amuser !

être une éco-construction minimisant son impact sur l’environnement

L’Arche des petites bêtes est une éco-construction à l’impact environnemental limité, qui économise l’énergie, y compris l’énergie grise, qui est celle dépensée pour l’extraction et/ou la fabrication, l’acheminement, la mise en œuvre et le recyclage en fin de vie d’un matériau. Édifiée avec des matériaux renouvelables et/ou recyclables, l’infrastructure répond au cahier des charges des bâtiments bioclimatiques : isolation très performante et inertie thermique, orientation et récupération des eaux de pluie, filtration de l’eau…

De plus, l’Arche des petites bêtes a été bâtie avec des matériaux locaux. Ceux-ci présentent l’avantage d’avoir nécessité peu ou pas de transport (terre de la toiture), ou d’être d’un faible coût énergétique à la production (bois de la charpente), ou encore d’être en grande partie recyclables (béton de chanvre des murs).

Enfin, outre la protection des espèces exotiques menacées, l’Arche des petites bêtes sert également à inscrire le projet dans une démarche environnementale locale. Le toit végétalisé favorise l’intégration paysagère mais rend aussi à la faune et à la flore locales la surface au sol affecté au bâtiment. De même, la création d’une zone humide aux abords de ce dernier encourage la faune avoisinante d'amphibiens et d'invertébrés à recoloniser le site.

Informations techniques

L'Art et la manière de construire L'Arche des petites bêtes

En accord avec les convictions profondes de Colomba de La Panouse-Turnbull et de son frère Edmond de La Panouse, le caractère écologique de l’Arche des petites bêtes, en particulier le faible impact environnemental de sa construction, était une condition préalable à la concrétisation du projet.

Cette approche a donc guidé la réflexion de tous les corps de métiers intervenant dans la conception et la réalisation du bâtiment. L’Arche des petites bêtes est donc une première en France, de par ses objectifs (protéger les tout petits animaux et apprendre à les connaître), sa démarche de développement durable (limiter son impact sur l’environnement), et son architecture (recréer un navire sur la terre ferme).

L’Arche des petites bêtes se dresse au cœur de la Promenade à pied du parc animalier de Thoiry. Le bâtiment présente la silhouette d’un immense bateau, d’une superficie intérieure de près de 500 m2. Sa forme extérieure est modelée grâce à une ossature de bois (sapin du Jura), qui structure la coque, elle-même recouverte d’un bardage bois (pin douglas du Puy-de-Dôme non traité). Les passerelles attenantes sont quant à elles constituées de chêne d’origine locale.

Les murs du bâtiment de 5,20 m de hauteur ont la particularité d’être bombés et en courbes à l’extérieur. Ils sont réalisés en béton de chanvre projeté. Ce matériau, composé d’un mélange de chaux aérienne et de chanvre, apporte une réponse très performante aux contraintes d’isolation et d’inertie thermique nécessaires à l’hébergement des espèces animales fragiles qui vivent dans l’Arche. En effet, ses propriétés évitent la surchauffe en été, tout en limitant le recours à la climatisation, et permettent de conserver des températures clémentes en hiver restreignant ainsi l’utilisation du chauffage. Celui-ci est assuré par une chaudière de 28 kw. Ce type de chaudière est habituellement utilisé pour une habitation mais l'isolation du bâtiment est si performante que cette seule chaudière permet le chauffage nécessaire.

La finition des murs avec un enduit de chaux renforce leur caractère perspirant, diminuant ainsi les risques potentiels de condensation engendrés par les conditions tropicales de présentation de certains des animaux de l’Arche. Et pour leur meilleur confort, il n’y a pas de lumière naturelle afin d’éviter une forte amplitude thermique entre l’hiver et l’été. Le spectre de lumière et les rayons ultra violets nécessaires au bien-être des animaux sont recréés artificiellement en maîtrisant les consommations et l’apport de chaleur (LEDs, etc.).

Au-delà de l’éco-construction, s’affirme une réelle volonté d’intégrer ce bâtiment dans le paysage du Parc et Château de Thoiry et de respecter la biodiversité locale qu’il accueille. La végétalisation de la toiture permet ainsi d’assurer un lien avec le sol via un corridor végétal constitué de plantes grimpantes – ce qui contribue à recomposer un écosystème sur la zone de construction et à réduire l’emprise au sol du bâtiment.

Afin de mesurer la recolonisation du milieu par la faune et la flore locales, un accord a été passé entre le Parc et Château de Thoiry, l’Université de sciences appliquées de Zurich (centre de compétences en toitures végétalisées) et l’association Nature en Toit, porteuse du projet et fondée par Philippe Peiger. Cet accord consiste à effectuer des études d’impact sur la microfaune et sur la flore comprenant notamment des inventaires et des relevés.

Certaines de ces études ont été menées avant et au cours du chantier de l’Arche ; elles se poursuivront plusieurs années encore. La toiture végétalisée permet également d’assurer la gestion, le drainage et la récupération des eaux pluviales (de 60 à 80 %). Les eaux usées sont récupérées grâce à une fosse septique, elles sont ensuite filtrées puis rejetées dans la zone humide extérieure où elles subissent une phytoépuration avant de revenir dans le circuit des deux plans d’eau.

Aménagement intérieur des vivariums

Chacune des espèces hébergées dans l’Arche des petites bêtes a des exigences bien particulières en termes de température, d’hygrométrie, de lumière, de substrat, de végétaux, d’abris, etc. Les 41 vivariums (terrariums et aquariums) du site ont donc été conçus sur mesure et aménagés au mieux, afin de respecter les différents besoins des animaux et de reproduire le plus fidèlement possible leurs conditions naturelles de vie.

La taille et l’aménagement de chaque vivarium ont été adaptés aux nécessités de chacune des espèces. De manière générale, ils sont tous munis d’un système de ventilation passive, soit des ouvertures basses et hautes fermées par un grillage aux mailles 1 x 1 mm. La température des terrariums varie en fonction de l’habitat d’origine des espèces qui y résident.

L’éclairage obéit au cycle du jour et de la nuit, mais aussi à ses variations saisonnières propres à l’habitat d’origine de chaque espèce. L’arrosage par pulvérisation se fait quotidiennement aux moments où les animaux sont actifs – par exemple le soir pour les animaux nocturnes ou le matin pour les animaux diurnes – ainsi qu’en fonction des cycles biologiques des espèces comme les mues et les métamorphoses.

Le taux d’humidité de l’air est étroitement contrôlé, afin d’éviter les risques de développement de parasites, moisissures, bactéries, etc. Des étuves permettent l’incubation des œufs et/ou le démarrage des premiers stades de croissance de certaines espèces.

Les milieux reconstitués sont très variés : pierre de lave, litière forestière et nombreuses plantes pour les dendrobates, sable pour les guêpes et les rats à trompe, croûtes de châtaignier et arbustes pour les ouistitis pygmées, etc. Les souches, pierres et points d’eau disposés à l’intérieur afin de servir de cachette, de nid et parfois même de nourriture, se distinguent également selon les espèces.

Quelques 500 végétaux appartenant à 40 variétés différentes enrichissent les vivariums. Parmi eux des mousses, des fougères, des arbustes, des graminées, des bambous, des plantes épiphytes, des lianes… qui sont pour la plupart d’origine exotique. Tous ces végétaux sont naturels. Leur production a fait l’objet d’un partenariat entre le Parc et Château de Thoiry, Jardin Jade et TECOMAH, l’École de l’environnement et du cadre de vie (78). Leur culture a été soumise au protocole du label « Agriculture biologique ». Ce qui signifie que pendant plus de trois mois, ces plantes ont été acclimatées, dépotées et remises en culture pour obtenir des végétaux sains et sans intrants chimiques (pesticides, produits phytosanitaires, etc.). Ils seront entretenus grâce à la méthode PBI (Protection biologique intégrée), qui permet de préserver les cultures en privilégiant la lutte biologique par l’utilisation d’insectes auxiliaires (coccinelles contre les pucerons par exemple).

L’aménagement paysager des vivariums, coordonné par Philippe Peiger et réalisé en grande partie par les équipes du Parc et Château de Thoiry, a fait également l'objet d’un chantier école ayant mobilisé une quinzaine d’élèves de TECOMAH. Ils ont assuré la mise en place de la couche drainante, l’installation des différents substrats, la plantation des végétaux et la décoration naturelle.

Au menu des petites bêtes

Dans leur milieu naturel, les différentes espèces de l’Arche des petites bêtes ont une alimentation très variée. L’équipe zoologique du Parc et Château de Thoiry s’applique donc à différencier les types de nourriture pour couvrir tous les besoins nutritionnels des petites bêtes de l’Arche. Un véritable garde-manger vivant fait l’objet d’un élevage permanent : grillons (2 espèces différentes), drosophiles, bruches du haricot (coléoptères), collemboles, vers de terre et mouches. S’y ajoutent des vers de vase congelés, des granulés et des compléments alimentaires (vitamines et minéraux).

L’Arche des petites bêtes en chiffres

coût des travaux : 2 460 000 € HT Gros œuvre : 1 200 000 € HT Aménagement paysager : 210 000 € HT Aménagement intérieur et scénographie : 1 050 000 € HT bâtiment de quarantaine : 150 000 € HT Superficie de l’aménagement total : 6 000 m2 dont 4 000 m2 de prairie semée Superficie du bâtiment : 500 m2 à l’intérieur quantité de béton de chanvre utilisée : 150 m3 quantité de bois utilisée : -Charpente : 55 m3 ossature secondaire : 10 m3 -Coque : 15 m3 Hauteur moyenne : 6 m Longueur du bâtiment : 32 m, avec coque 43 m Largeur du bâtiment : 17 m, avec coque 21 m Surface des tuiles de bois : 150 m2 Volume chauffé : 3 075 m3 Surface de plancher chauffant : 270 m2 Puissance de la chaudière : 28 kw Température moyenne du bâtiment : 24-26 °C Hygrométrie moyenne du bâtiment : 70 % d’humidité relative durée des travaux : 1 an et demi (et en amont, la même durée pour l’obtention du permis) nombre d’espèces animales présentes dans l’Arche : environ 70 nombre d’individus : plusieurs milliers nombre de vivariums : 41 vivariums (4 aquariums, 5 aquaterrariums et 32 terrariums) en présentation et des dizaines d’autres dans les zones d’élevage nombres de plantations paysagères au sol pour la zone humide et les alentours de l’Arche : - Plantes aquatiques : 2 480 végétaux issus de 20 variétés différentes - Plantes de berge : 220 végétaux issus de 16 variétés différentes -Graminées : 1 200 végétaux issus de 23 variétés différentes -Arbustes locaux : 650 issus de 36 variétés différentes Superficie des bassins et des zones humides : 1 300 m2 Superficie de la toiture végétalisée : 400 m2 nombre de plantations sur la toiture : 9 500 micro-mottes et 500 g de semis issus de 40 variétés différentes Volume des substrats de la toiture végétalisée : selon la zone et substrat, en moyenne 120 kg/m2 de toit soit presque 50 tonne