Varan de Komodo

Parc à pied
Les animaux du parc à pied...

Le dragon de Komodo est le plus grand de tous les varans. Le plus long spécimen mesuré atteignait 3,13 m et pesait 166 kg, mais il devait avoir l’estomac plein, car le poids moyen d’un mâle adulte avoisine habituellement 80 kg.

Galerie :  
En détail
Classe :  
reptiles
Ordre :  
Squamates
Famille :  
Varanidés
Origine :  
Sud-est de l’Indonésie
Varan de Komodo
Varanus komodoensis

Classification  

Le varan de Komodo appartient à la classe des Reptiles et à l’ordre des Squamates. Cet ordre regroupe les reptiles qui changent régulièrement de peau en muant («squama» signifie «pellicule » en latin). Il comprend notamment tous les lézards et les serpents. Parmi les Squamates, le varan de Komodo fait partie de la Famille des Varanidés.

La première description occidentale des varans de Komodo date de 1910. C’est le lieutenant hollandais Van Steyn Van Hensbroek qui part à la recherche de l’espèce sur l’île de Komodo après avoir entendu parler de l’existence d’un «crocodile terrestre». Il rapporte une peau et des photos de l’animal à Peter Ouwens, le directeur du musée de zoologie de Bogor (Java). En 1912, Ouwens, après avoir étudié des spécimens naturalisés, publie un article qui décrit pour la première fois l’espèce de façon scientifique

Caractéristiques morphologiques  

- Longueur totale du mâle : jusqu’à 3 m.
- Longueur totale de la femelle : moins de 2 m.
- Poids du mâle : 70 à 90 kg.
- Poids de la femelle : moins de 50 kg.

Le varan de Komodo est le plus grand de tous les lézards. Le plus grand spécimen mesuré atteignait une longueur de 3,13 m et pesait 166 kg, mais son estomac n’était probablement pas vide ! Le poids moyen d’un mâle adulte avoisine habituellement les 80 kg.

Seule une différence de taille distingue les mâles des femelles, ces dernières étant moins grandes et moins lourdes.

- Les adultes ont une couleur uniforme grisâtre avec certaines nuances de jaune et de rouge. Les jeunes quant à eux sont verts avec des rayures jaunes et noires.

- Le corps des adultes est trapu et couvert d’épaisses écailles très résistantes. A cause de cette allure d’animal préhistorique ou de créature tout droit sortie d’un film fantastique, les varans de Komodo sont également appelés « dragons de Komodo ».

- Les pattes sont courtes et massives et la queue est longue et très musclée. Dans l’eau, les ondulations de cette dernière permettent au varan de Komodo de se propulser avec aisance et rapidité. Sur terre, un squelette robuste et une musculature très développée lui permettent d’atteindre 20 km/h sur de courtes distances. C’est également un bon grimpeur capable d’escalader avec agilité les rochers ou les branches basses d’un arbre.

- Ses mâchoires peuvent s’ouvrir largement, permettant d’avaler de très grosses proies. En revanche,leur puissance mécanique est relativement faible. Ce sont surtout les nombreuses dents pointues, aplaties latéralement et dirigées vers l’arrière, qui déchirent les chairs des proies.

- Le varan de Komodo possède une longue langue bifide de plus de 20 cm. Elle lui permet de capter les molécules en suspension dans l’air. Ces signaux olfactifs sont analysés par un récepteur (organe de Jacobson) situé dans la bouche, au niveau du palais

Répartition géographique  

A l’état naturel, les varans de Komodo se rencontrent dans le sud-est de l’Indonésie. Actuellement, ils ne survivent plus que sur cinq îles de l’archipel de la Sonde : Komodo, Nusa Kode, Rinca, Flores et Gili Motang.

Habitat  

Les varans de Komodo vivent sur des îles volcaniques. Ils occupent prioritairement des milieux ouverts de type savane herbeuse, mais ils sont aussi observés sur des plages, des rochers ou encore dans des lits de rivières asséchées.

Les jeunes quant à eux sont arboricoles afin d’échapper à la prédation des adultes. Ils vivent dans des zones de forêts jusqu’à l’âge de 8 mois environ

Régime alimentaire  

Les varans de Komodo sont des prédateurs situés au sommet de la chaîne alimentaire de leur écosystème. Ils mangent des œufs, des invertébrés, des oiseaux, des petits mammifères mais aussi des sangliers, des cerfs et même des buffles. Ils peuvent se montrer cannibales envers les plus jeunes.

Ils sont capables d’ingurgiter jusqu’à 80% de leur poids en un seul repas! Leur mâchoires mobiles ainsi que leur gorge dilatable, leur permettent d’avaler des proies entières.

Les plus grosses proies sont mordues (souvent à une patte) puis suivies jusqu’à ce qu’elles s’effondrent, plusieurs jours voire plusieurs semaines après la morsure. En effet, lors de la morsure, les chairs sont profondément entaillées par les dents pointues et coupantes. Simultanément, un venin produit par des glandes complexes, pénètre dans l’organisme de la victime. Ce venin induit un choc par hypotension rendant l’animal faible et l’empêchant de fuir. Il possède également des propriétés anticoagulantes qui entraînent de grandes pertes de sang conduisant à la mort de la victime.

Les varans de Komodo peuvent aussi se comporter en charognards en se nourrissant de carcasses.

Les jeunes immatures, arboricoles, se nourrissent d’insectes, de geckos, d’œufs et de petits mammifères.

Les varans de Komodo peuvent voir des proies en mouvement à 300 m de distance. Leur rétine possède les cellules permettant de discerner les couleurs. En revanche leur vision est diminuée en lumière faible. Leur audition est moins performante que la nôtre : ils ne peuvent pas entendre des sons faibles ni très aigus. Leur sens le plus développé est incontestablement l’odorat avec leur langue bifide et leur organe de Jacobson très développés. Ils peuvent ainsi détecter une carcasse à 4 km de distance.

Les grands mammifères carnivores tels que les lions consomment environ 70 à 75% de leurs proies, laissant souvent une bonne partie des intestins, du squelette ainsi que les sabots ou les onglons. Les varans de Komodo en consomment en moyenne 88%. Ils mangent les os, les sabots ou onglons ainsi que la peau. Ils mangent aussi les intestins après les avoir secoués pour éparpiller leur contenu.

Structure sociale  

Les adultes sont généralement solitaires mais plusieurs individus peuvent se rassembler autour d’une carcasse. Les mâles dominants, souvent les plus gros, mangent généralement en premier. Les plus jeunes se déplacent autour d’eux de façon particulière en guise de rituel d’apaisement.

Tout au long de la journée, les varans de Komodo arpentent leur territoire pouvant s’étendre sur près de 2 km². Les territoires de plusieurs individus peuvent se chevaucher.

Ils creusent des terriers dans lesquels ils peuvent se retirer la nuit ou lorsque les températures sont trop élevées.

Reproduction  

A distance, seule une différence de taille permet de distinguer les mâles des femelles. Sur de jeunes animaux, lorsqu’un examen rapproché est possible, une légère différence dans l’agencement des écailles en avant du cloaque permet de trancher.

La saison de reproduction s’étend de mai à juin. Les grands mâles signalent leur dominance en se dressant sur leurs quatre pattes. Des combats au « corps à corps » s’engagent souvent pour accéder aux femelles. Les mâles peuvent alors se mettre debout sur les postérieurs, essayant de faire tomber l’adversaire au sol.

Lorsqu’elle est réceptive, une femelle émet des phéromones que le mâle détecte et reconnaît grâce à sa langue bifide. Ce dernier répond en frottant son menton sur la tête de la femelle, en griffant son dos et en la léchant. Après l’accouplement certains mâles restent quelques jours avec la femelle afin d’empêcher les autres mâles de s’accoupler avec elle.

En septembre, la femelle creuse un terrier dans lequel elle dépose 20 à 30 œufs. Elle les recouvre ensuite de terre et de feuilles. Elle peut aussi déposer ses œufs dans un ancien nid de mégapodes.

Huit à neuf mois plus tard, les jeunes éclosent et sortent seuls du terrier. Ils mesurent environ 35 cm de long et sont très vulnérables. Ils grimpent dans les arbres pour s’abriter des prédateurs et sont arboricoles pendant près d’un an. La femelle reste près du nid pendant l’incubation mais aucun soin parental n’a jamais été observé après l’éclosion.

La saison à laquelle les jeunes sortent du nid coïncide avec la période à laquelle les insectes abondent. Ils disposent ainsi d’une quantité de nourriture plus importante pour débuter dans leur vie.

L’âge de la maturité sexuelle n’est pas encore bien connu. Il est estimé à 9 ans pour les femelles et 10 ans pour les mâles, mais des pontes chez des femelles de moins de 9 ans ont déjà été observées en captivité.

Les varans de Komodo grandissent tout au long de leur vie et leur longévité peut excéder 30 ans.

Protection de l'espèce  

Les varans de Komodo adultes sont au sommet de la chaîne alimentaire et n’ont pas de prédateurs naturels. Par leur petite taille, les jeunes en revanche sont beaucoup plus vulnérables. Cette vulnérabilité est en partie compensée par leur mode de vie essentiellement arboricole.

En tant que prédateurs, les varans jouent un rôle essentiel dans la régulation des populations des espèces proies. Leur comportement de charognards fait également d’eux de véritables fossoyeurs de la nature.

Avec un effectif global estimé aujourd’hui à moins de 5000 individus, le varan de Komodo est classé dans la catégorie « Vulnérable » de l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN).

En 1915, le gouvernement colonial hollandais considérait déjà que cette espèce était menacée du fait de sa répartition géographique très limitée. Un plan d’actions pour sa conservation avait déjà été énoncé à cette époque.

Bien qu’une loi de protection de l’espèce existe localement depuis 1930, ses populations ont fortement décliné au cours des dernières décennies.

La chasse abusive des proies (les cerfs notamment), ainsi que la modification de l’habitat sont les principales causes de cette raréfaction. Ainsi, plus aucun varan n’a été revu sur l’île de Padar depuis 1970, alors que l’espèce y était répandue autrefois.

Quatre des cinq îles habitées par les varans (Komodo, Rinca, Nusa Kode et Gili Motang) font partie du Parc National de Komodo créé en 1980 dans le but de protéger l’espèce.

Sur l’île de Flores, au début des années 1970 les varans étaient communs sur les côtes de la partie nord. Depuis, l’expansion des populations humaines et la destruction de l’habitat par les cultures sur brûlis ont considérablement réduit les effectifs.

La réserve de Wae Wuul a été créée sur la côté nord-ouest de l’île et le « Wae Wuul Nature Reserve Rehabilitation Project » a débuté en 2005 grâce à un consortium entre les autorités locales, l’Université de Florence et le Programme d’Élevage Européen de l’espèce. Ce projet auquel le Parc de Thoiry participe depuis plus de 10 ans comporte plusieurs volets :
   - étude et suivi des populations de varans,
   - sensibilisation des populations locales aux effets négatifs à long terme de la chasse et des incendies volontaires,
   - renforcement des lois de protection et création de patrouilles de surveillance,
   - création d’emplois pour les communautés locales afin de leur fournir une alternative financière,
   - création d'un centre pédagogique et de recherche.

Le développement de l’écotourisme est aussi un moyen de générer des ressources financières pour les populations locales. Selon l’UICN, plus de 18 000 personnes par an se déplacent pour observer ces étranges reptiles dans leur milieu naturel.

Le saviez-vous ?  

- Les femelles varans de Komodo peuvent donner naissance à des jeunes sans avoir été en contact avec un mâle ! Ce phénomène appelé parthénogénèse, bien connu chez les invertébrés, est beaucoup plus rare chez les vertébrés. Il a été décrit chez quelques espèces de poissons, serpents et chez une autre espèce de varan.

- En cas de danger, les varans de Komodo peuvent régurgiter le contenu de leur estomac afin d’alléger leur poids pour se sauver en courant plus vite.

- La morsure d’un varan n’est pas mortelle pour l’un de ses congénères. Des anticorps les immuniseraient probablement contre leur venin. Cette hypothèse est actuellement étudiée par les scientifiques.

- En novembre 1998, le Parc de Thoiry a organisé dans l’enceinte du château, le premier colloque entièrement consacré aux varans de Komodo. En 2002, Colomba de la Panouse a contribué à la publication d’un ouvrage scientifique intitulé : « Komodo Dragons, Biology and Conservation ».

Vidéo :