Panthère de Chine du nord

Parc à pied
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Le nom scientifique de cette sous-espèce de panthère, «Panthera pardus japonensis», viendrait du fait que l’animal aurait été identifié à partir d’une peau retrouvée au Japon, alors qu’il n’y a jamais vécu.

Galerie :  
En détail
Classe :  
mammifères
Ordre :  
CARNIVORES
Famille :  
FÉLIDÉS
Origine :  
Chine du nord
Longévité :  
12 à 15 ans
Panthère de Chine du nord
Panthera pardus japonensis

Classification  

La panthère (ou léopard) de Chine du nord est un membre de l’ordre des Carnivores et de la famille des Félidés. Au sein de cette famille, elle côtoie le lion, le jaguar ou le chat domestique. Elle est la plus petite des représentants du genre Panthera.

9 sous-espèces de panthère sont actuellement reconnues. Elles se différencient selon leur répartition géographique et leurs caractéristiques morphologiques :

- Panthera pardus pardus : Afrique ;

- Panthera pardus nimr : Arabie ;

- Panthera pardus saxicolor : Asie centrale ;

- Panthera pardus melas : Java ;

- Panthera pardus kotiya : Sri Lanka ;

- Panthera pardus fusca : sous-continent indien ;

- Panthera pardus delacourii : du sud-est de l’Asie au sud de la Chine ;

- Panthera pardus japonensis : nord de la Chine ;

- Panthera pardus orientalis : est de la Russie, péninsule de Corée et nord-est de la Chine.

Caractéristiques morphologiques  

- Longueur du corps : 150 à 230 cm.
- Hauteur au garrot : 0,7 m en moyenne.
- Longueur de la queue : 60 à 100 cm.
- Poids du mâle : 31 à 65 kg.
- Poids de la femelle : 17 à 58 kg.

- Le pelage est de couleur jaune pâle allant jusqu’au noir. Il est recouvert de taches noires sur la tête, le cou et les pattes. Le reste du corps est parsemé de rosettes (ensemble de taches formant des anneaux grossiers). La face ventrale quant à elle est beaucoup plus claire et la queue est annelée. Cette coloration permet à la panthère de passer inaperçue dans son habitat : elle se fond ainsi dans le jeu d’ombre et de lumière des arbres ou des buissons de la savane. Chaque panthère possède un dessin de taches unique qui peut être utilisé pour l’identifier, comme nous le faisons avec nos empreintes digitales. L’hiver, le poil de la panthère de Chine est plus long et permet de résister à des températures de l’ordre de -30°C.

- Ses griffes longues et épaisses, sont rétractiles. Au repos, elles sont repliées dans leur fourreau de chair. Elle les utilise pour agripper une proie ou pour griffer le sol ou les arbres.

- Ses crocs puissants lui permettent de « harponner » ses proies, puis de transpercer leur cuir. Ses molaires aux arêtes pointues broient les os les plus résistants.

- Sa langue est recouverte de papilles cornées recourbées qui jouent le rôle de râpe et permettent à l’animal de racler les petits morceaux de chair sur les carcasses.

- Ses pattes sont courtes et son corps allongé. Elle peut effectuer des bonds de 6 m de long et 3 m de haut sans problème. Sa musculature puissante aux épaules lui permet de grimper avec facilité aux arbres.

Répartition géographique  

Si l’espèce est présente aussi bien en Afrique qu’en Asie, cette sous-espèce vit, comme son nom l’indique, en Chine du nord.

Habitat  

La panthère est présente dans une grande variété d’habitats, allant de la forêt tropicale humide au désert. Cependant, on la retrouve plus souvent dans la savane arborée et les forêts. La sous-espèce de Chine du nord fréquente les forêts et prairies tempérées de montagne.

Régime alimentaire  

Le léopard est un carnivore opportuniste, il se nourrit en premier de proies faciles à attraper ou de charognes. Il chasse des animaux de dimensions variées, allant de l’insecte à l’antilope de grande taille : primates, gazelles, cervidés, oiseaux, reptiles, rongeurs... Son régime alimentaire est très diversifié, il comprend plus de 90 espèces différentes en Afrique sub-saharienne par exemple.

Au menu de la panthère de Chine du nord, on trouve principalement des sangliers, des cerfs, des faisans ou des lièvres. Si les proies sauvages se raréfient, elle peut s’attaquer aux animaux domestiques. Grâce à sa vue perçante et son ouïe performante, c’est une chasseuse efficace dans les forêts denses. D’autant plus qu’elle est capable de s’attaquer à des proies dix fois plus grosses qu’elle.

Solitaire, elle chasse à l’affût, généralement la nuit. Lorsqu’une proie est repérée, elle s’en approche en se tapissant au sol et lui saute brusquement dessus. Elle l’agrippe par le flanc ou l’arrière-train puis la tue en la mordant à la nuque (brisure des vertèbres cervicales) ou à la gorge (étouffement). Elle la transporte ensuite en haut d’un arbre, ou la recouvre de terre et de feuilles. La panthère est en effet plus à l’aise dans la partie inférieure de la canopée, où elle peut se nourrir tranquillement, bien installée sur une branche. D’ailleurs elle peut également surprendre ses proies en leur sautant dessus depuis une branche d’arbre où elle se tapit.

Structure sociale  

La panthère est un animal solitaire, qui peut avoir plusieurs partenaires. Mâle et femelle ne restent ensemble que durant une courte période pour s’accoupler, puis se séparent. C’est le seul moment où on peut les voir partager leur nourriture.

La densité et l’abondance de panthères varient énormément en fonction de l’habitat, de la présence de proies adaptées ou des menaces auxquelles elles doivent faire face. Ainsi, cette densité peut aller de 1 à 30 animaux par 100km². Chaque individu défend un territoire dont la taille varie en fonction de la disponibilité en proies et de l’habitat. Ainsi les territoires situés en zone aride sont généralement plus grands que ceux situés en zone forestière. Les territoires des femelles se chevauchent rarement, par contre celui d’un mâle (environ 35 km²) regroupera ceux de plusieurs femelles (environ 13 km²).

La protection et la défense d’un territoire passent tout d’abord par un marquage olfactif et visuel de ses limites. Des sécrétions glandulaires, de l’urine ou des fèces sont déposées en des points stratégiques, aux limites du domaine. De même, des troncs d’arbres sont griffés. Une panthère qui se présente alors à ces «bornes» de marquage sait que le territoire est déjà occupé et va s’installer ailleurs. L’espèce possède des glandes au niveau de l’anus, sur le museau et entre les doigts. En se frottant sur les rochers, les arbres ou le sol, ou en les griffant, elle les imprègne de son odeur.

Les léopards communiquent également entre eux par divers rugissements, grognements, râles ou ronronnements, mais aussi par des mimiques et postures variées.

Reproduction  

Cette espèce se reproduit tout au long de l’année, cependant on observe un pic des naissances à la saison des pluies.

- Durée de la gestation : 90 à 105 jours.

- Taille de la portée : 2 à 3 petits.

- Intervalle entre 2 portées : 15 à 24 mois si la portée précédente a survécu.

- Indépendance du jeune : 13 à 18 mois.

- Maturité sexuelle : vers 2 à 3 ans.

La femelle attire les partenaires potentiels en excrétant des phéromones particulières dans son urine. Après s’être accouplée, elle se sépare du mâle. Elle donne naissance à ses petits et les abrite dans des buissons touffus, des troncs creux ou des crevasses de rochers. Elle les déplace régulièrement afin qu’ils ne se fassent pas repérer par les lions et autres grands prédateurs. Les jeunes ont les paupières et les oreilles closes durant les 10 premiers jours de leur existence, elles s’ouvrent ensuite. Ils commencent à marcher vers 2 semaines et quittent fréquemment leur abri vers 6 à 8 semaines. C’est à cet âge qu’ils commencent à se nourrir d’aliments solides. Ils sont complètement sevrés vers 3 mois et suivent leur mère à la chasse. Ils la quitteront vers 15 à 20 mois, une fois qu’ils seront devenus des chasseurs efficaces.

La longévité de la panthère est d’environ 10 à 15 ans dans le milieu naturel, et de 20 à 25 ans en captivité.

Protection de l'espèce  

Les prédateurs du léopard sont le lion, le tigre, la hyène tachetée et le lycaon qui s’attaquent généralement aux jeunes même s’ils peuvent tuer un adulte. Les panthères ont une distribution très large et sont localement bien représentées dans certaines zones d’Afrique et d’Asie. Cependant leur nombre diminue sur une grande partie de leur territoire à cause de la perte et de la fragmentation de leur habitat. Elles sont également chassée pour être transformées en trophées ou parce qu’elles sont considérées comme nuisibles. En effet, les principales causes de la disparition de la panthère sont la réduction du nombre de ses proies potentielles, le braconnage (pour sa peau, ses dents ou ses griffes) et les conflits avec l’Homme.

Ainsi, certaines sous-espèces ont des effectifs très faibles dans la nature : il ne resterait plus que 35 panthères de l’Amour, moins de 200 panthères d’Arabie et moins de 500 panthères de Java. A l’heure actuelle, 2 500 panthères de Chine du nord sont présentes dans le milieu naturel. Leur disparition est due principalement à la chasse illégale pour leur peau et leurs os. L’espèce est préservée par des lois internationales et nationales. L’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN) l’a classée dans la catégorie « Quasi-menacée ». Mais elle pourrait très prochainement passer dans la catégorie «Vulnérable». 2 sous-espèces sont dans la catégorie «En danger» : celle du Sri Lanka (Panthera pardus kotiya) et celle d’Asie centrale (P. p. saxicolor). Celles de Java (P. p. melas), de l’Amour (P. p. orientalis) et d’Arabie (P. p. nimr) sont en «Danger critique d’extinction». Par ailleurs, l’espèce est placée en Annexe I de la Convention de Washington sur le commerce de la faune et de la flore menacées. Cependant, 13 pays africains ont encore droit à des quotas de chasse.

Pour protéger efficacement la panthère et maintenir des populations viables dans le milieu naturel, il faut protéger son habitat et créer plus de corridors de passage d’une zone à l’autre. Pour cela, il est nécessaire d’apprendre à mieux la connaître en identifiant ses besoins exacts, tout en tenant compte des populations locales et de leurs besoins. Cela suppose un travail en collaboration avec les gouvernements et les populations locales. En parallèle, la plupart des programmes sont axés sur les avantages que ces populations pourraient retirer de leur implication dans la conservation de l’espèce et de son environnement : création d’emplois, amélioration des conditions de vie, préservation et développement d’une région… De l’éducation du public dépend la préservation des écosystèmes dans lesquels la panthère joue un rôle important. Ainsi, chaque action de conservation est associée à des campagnes de sensibilisation et d’information auprès de tous les acteurs potentiels : villageois, fermiers, politiques, étudiants…

Le saviez-vous ?  

Les panthères noires, plus fréquentes dans les forêts humides d’Asie, ont en fait subi une mutation génétique qui leur donne un pelage de couleur foncée. On parle de «mélanisme». Dans une même portée on peut donc observer des panthères noires et d’autres jaunes qui sont cependant toutes aussi tachetées les unes que les autres.