Wallaby de Bennett

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Le wallaby de Bennett est un mammifère marsupial. Cela signifie que la femelle possède une poche ventrale, appelée « marsupium », à l’intérieur de laquelle son petit se développe pendant plusieurs mois.

Galerie :  
En détail
Classe :  
mammifères
Ordre :  
Diprotodontes
Famille :  
Macropodidés
Origine :  
sud-est de l’Australie
Longévité :  
12 à 15 ans
Wallaby de Bennett
Macropus rufogriseus

Classification  

Le wallaby de Bennett est un membre de l’ordre des Diprotodontes, ce qui signifie qu’il possède une paire de grandes incisives sur la mâchoire inférieure, dirigées vers l’avant et que les 2e et 3e doigts de ses pattes postérieures son fusionnés à l’exception des griffes (on parle de syndactylie).

Il appartient à la famille des Macropodidés. Ce mot vient du grec «macros» qui veut dire «grand» et «pode» qui veut dire «pied». Tous les membres de cette famille ont des pattes arrières très puissantes, équipées de doigts longs et adaptées au saut. Leurs pattes antérieures sont en revanche assez réduites. Cette famille comprend une cinquantaine d’espèces, dont le poids varie du wallaby-lièvre de 1 kg au kangourou roux de plus de 80 kg.

La distinction entre kangourou et wallaby se fait uniquement selon des critères de taille et de poids : les espèces de petite taille (moins de 24 kg et dont les pieds mesurent moins de 25 cm) sont appelées wallabies.
Actuellement 2 sous-espèces de wallaby de Bennett sont reconnues : le wallaby de Bennett (Macropus rufogriseus rufogriseus) et le wallaby à cou rouge (Macropus rufogriseus banksianus), présent uniquement en Australie.

Caractéristiques morphologiques  

- Longueur du corps : 65 à 100 cm.
- Longueur de la queue : 62 à 88 cm.
- Poids du mâle : 15 à 27 kg en moyenne.
- Poids de la femelle : 11 à 16 kg en moyenne.

- Ce wallaby possède un pelage gris-brun avec une face ventrale plus claire. La nuque et les épaules sont rousses, les pattes et le museau marron foncé. Sa lèvre supérieure présente une petite bande de poils blancs.

- Sa fourrure drue et épaisse est constituée principalement de fibres très fines et longues, elles jouent le rôle d’isolant en emprisonnant une couche d’air chaud au contact de la peau.

- Ses oreilles sont grandes et larges. Il peut les faire tourner de 180° et les orienter différemment, ce qui est très utile pour capter toutes les informations sonores de son environnement.

- Ses pattes antérieures sont petites et fines, elles se terminent par 5 doigts de longueur identique. Leur griffe est courte et puissante. Elles sont utilisées pour attraper des éléments ou se défendre. Le wallaby s’appuie également dessus lorsqu’il se déplace à faible allure.

- Ses pattes postérieures sont longues et robustes, elles sont adaptées au saut. Elles se terminent par 4 doigts chacune. Les 2e et 3e doigts sont grêles et accolés dans une gaine de peau. Seul leur ongle est indépendant. Les griffes de ces 2 doigts forment un peigne pour le nettoyage de la fourrure. Le 4e doigt quant à lui est long et fort, sa griffe est une arme efficace contre les prédateurs.

- Sa queue est longue, musclée et puissante à sa base. Elle n’est pas préhensile (il ne peut attraper des objets avec), mais elle sert de balancier ou de patte.

- Pour se déplacer, le wallaby utilise diverses parties de son corps :
   - lorsqu’il avance lentement, il prend appui sur ses 4 pattes et utilise sa queue comme un 5e membre.
   - lorsqu’il veut accélérer son allure, il bondit sur ses pattes arrières, sa queue longue lui sert alors de contrepoids et de gouvernail.

- Il possède des incisives robustes et tranchantes qui coupent les plantes dont il se nourrit. Ses molaires puissantes lui permettent ensuite de broyer efficacement les végétaux fibreux.

Répartition géographique  

A l’origine, le wallaby de Bennett est présent uniquement dans le sud-est de l’Australie, en Tasmanie et dans quelques îles situées entre ces 2 pays. Il a depuis été introduit en Nouvelle-Zélande, Grande Bretagne, Allemagne et en France notamment.

Habitat  

L’espèce fréquente les forêts d’eucalyptus humides ou sèches, dont le sous-bois est composé de fourrés denses, les savanes et les landes côtières. On la retrouve aussi à proximité des prairies et des cultures.

Régime alimentaire  

Le wallaby est un végétarien herbivore, il se nourrit principalement d’herbes. Son régime peut cependant comprendre des feuilles et plus occasionnellement des racines, des écorces, des fruits et des baies.

Il use rapidement ses dents sur les végétaux fibreux qu’il mange. Mais il a su trouver une parade à ce problème : ses molaires sont remplacées plusieurs fois au cours de sa vie, tout comme chez l’éléphant. Pour chaque dent présente, il y a en fait une dent usée qui est en train de disparaître et une nouvelle dent qui est en train de pousser. La progression de remplacement se fait horizontalement et non verticalement comme chez la plupart des mammifères. Chaque dent fait éruption à l’arrière de la mâchoire, puis prend la place de celle qui la précède, au fur et à mesure de l’usure et enfin arrivée à l’avant de la mâchoire, elle tombe.

Son système digestif se rapproche de celui d’un ruminant, il comprend un estomac formé de plusieurs sacs qui permet de récupérer efficacement tous les nutriments présents dans les végétaux. Actif surtout au crépuscule et la nuit, il passe le reste de son temps au repos sous le couvert des arbres.

Structure sociale  

Le wallaby de Bennett est essentiellement un animal solitaire, bien qu’il tolère la présence de ses congénères lorsque les ressources alimentaires sont nombreuses. Cette espèce est sédentaire, les adultes migrent rarement. L’unité de base est la paire mère-jeune.

Comme tous les kangourous, ce wallaby est polygame : le mâle dominant recherche et s’accouple avec la plupart des femelles situées sur un territoire donné. Les territoires des femelles peuvent se chevaucher mais jamais ceux des mâles. Le mâle dominant (généralement le plus grand et le plus âgé) se positionne au centre des territoires des femelles, les autres mâles restant en périphérie.

Pour atteindre le sommet de la hiérarchie, un wallaby mâle doit se confronter aux autres mâles et les vaincre soit par simple intimidation, soit en allant jusqu’au combat. Un individu montre sa dominance en se redressant, en adoptant une démarche raide et en hochant la tête. Les wallabies communiquent entre eux par divers cris et grognements, mais aussi par des postures variées du corps.

Reproduction  

Cette espèce se reproduit de façon saisonnière en Tasmanie : la majorité des naissances ont lieu entre janvier et juillet. Par contre, en Australie, les jeunes wallabies voient le jour tout au long de l’année.

- Durée de la gestation : 30 jours environ. Cependant, on peut observer une implantation différée chez cette espèce. Si les conditions extérieures sont mauvaises (sécheresse, ressources alimentaires réduites...), le développement de l’embryon peut être mis en pause pendant 11 mois avant de reprendre et de se terminer avec la naissance d’un jeune.

- Temps passé en poche : 280 jours environ.

- Taille de la portée : 1 à 2 petits (rare).

- Maturité sexuelle : vers 2,5 ans.

Le mâle ne participe pas à l’élevage des jeunes. Avant de mettre bas, la femelle nettoie sa poche marsupiale. Puis elle adopte une position particulière : le dos contre un arbre, elle s’assied, la queue allongée sur le sol entre ses pattes postérieures. Elle se penche en avant et lèche son orifice uro-génital. La mise bas est rapide et ne demande pas trop d’attention de la part de la mère. Elle sectionne juste le cordon ombilical du nouveau-né puis continue à se lécher pendant quelques heures pour nettoyer sa fourrure.

Le jeune wallaby qui naît est encore un embryon, il n’est pas entièrement formé. Il est minuscule (moins de 1 g), sans poils, ses pattes postérieures et sa queue sont incomplètes. Cette «larve» doit ramper sur les poils de sa mère pour rejoindre la poche ventrale, attraper une des 4 mamelles et s’y fixer pour terminer son développement. Avec sa température et son taux d’humidité stables, cette poche joue le rôle d’incubateur naturel. Lors de son périple vers le marsupium, le nouveau-né n’est à aucun moment aidé par sa mère. C’est probablement grâce à son odorat déjà développé qu’il s’oriente.

Durant la première moitié de sa vie en poche, le jeune reste attaché à une mamelle et tête presque continuellement. Sa mère s’occupe de stimuler ses mictions et défécations et nettoie régulièrement sa poche. Puis il commence à sortir sa tête de la poche pour scruter son environnement. Enfin, il sort de plus en plus souvent du marsupium et apprend à diversifier sa nourriture. Une fois sevré, il reste encore au pied de sa mère puis acquiert son indépendance à l’approche de la maturité sexuelle.

La longévité du wallaby de Bennett est d’environ 12 à 15 ans dans le milieu naturel, et de 15 à 20 ans en captivité.

Protection de l'espèce  

Le wallaby de Bennett n’est pas une espèce menacée, elle est assez résistante et se reproduit bien. Elle ne bénéficie donc pas de mesure de protection spécifique. Elle est de plus considérée comme nuisible dans certaines zones (Tasmanie notamment) et sa chasse sportive ou commerciale est autorisée. Sa viande est alors vendue et consommée.

Les principaux prédateurs auxquels l’espèce doit faire face sont le dingo, le python tacheté et les marsupiaux carnivores de grande taille. A ce titre, l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN) l’a classée dans la catégorie « Préoccupation mineure ».

Le saviez-vous ?  

- Le premier européen a avoir observé et décrit des wallabies est Francisco Pelsaert, le superintendant de la flotte de la Compagnie néerlandaise des Indes orientales. Suite au naufrage de son navire, le «Batavia» en 1629, il se réfugie avec son équipage sur des îles situées à l’ouest des côtes australiennes. Les premières observations de marsupiaux de l’est du continent ne seront effectuées qu’en 1770 lors du voyage du capitaine Cook.

- Le wallaby de Bennett doit son nom au zoologiste et médecin anglais Edward Bennett, qui vivait au 19e siècle.

- Pour se rafraîchir aux heures les plus chaudes de la journée, le wallaby se lèche les pattes antérieures et les avant-bras.

-La production de lait est indépendante d’une mamelle à l’autre chez une même femelle wallaby. Ainsi deux mamelles peuvent produire un lait de composition différente. Une mère peut alors allaiter simultanément un jeune «hors-poche» en fin de croissance et un nouveau-né tout juste arrivé dans la poche.

- Une légende aborigène raconte que lors du temps du rêve, les fils de Karora partirent chasser. Ils croisèrent un wallaby, lui jetèrent des pierres et le touchèrent aux mains. Alarmé, l’animal se dressa sur ses pattes arrières et dit «regardez-moi, je suis un homme, pas un gibier, je marche sur mes deux jambes comme vous». Alors les fils de Karora cessèrent de l’importuner. Depuis ce temps, le wallaby se tient sur ses pattes postérieures pour échapper aux chasseurs.