Tamarin empereur

Parc à pied
Les animaux du parc à pied...

Le tamarin empereur est caractérisé par sa longue moustache blanche. Le zoologiste suisse Goeldi nomma cette espèce «empereur» par plaisanterie en référence au dernier empereur allemand Guillaume II, dont la moustache très particulière a été à l’origine d’une mode au début du 20e siècle. Ce nom lui est resté.

Galerie :  
En détail
Classe :  
mammifères
Ordre :  
Primates
Famille :  
Callithricidés
Origine :  
Amérique du sud
Longévité :  
10 à 15 ans
Tamarin empereur
Saguinus imperator

Classification  

Le tamarin empereur est un membre de l’ordre des Primates. Ses yeux sont dirigés vers l’avant, ce qui lui procure une vision binoculaire.

Cependant, il se différencie de la plupart des primates par :
- ses membres à 5 doigts qui se terminent par une griffe au lieu d’un ongle plat ;
- ses mains aux pouces non opposables.

Il appartient au sous-ordre des Simiens (singes) ou Haplorrhiniens (primates à nez simple). Il possède donc une face plate et un vrai nez, contrairement aux lémuriens (ou Strepsirrhiniens).

Il fait partie de la famille des Callithricidés, tout comme les ouistitis, les tamarins lions et le tamarin de Goeldi. Cette famille comprend 61 espèces, réparties en 7 genres et se compose de primates de petite taille (moins de 1 kg). Le ouistiti pygmée, plus petit membre de la famille, pèse 120 g seulement, alors que le tamarin lion atteint les 750 g.

Le genre «Saguinus» renferme 15 espèces de tamarins. Au parc de Thoiry vous pouvez en observer 2 : le tamarin pinché et le tamarin empereur.

Il existe 2 sous-espèces de tamarin empereur qui se distinguent entre autres par la forme de leur moustache et leur répartition géographique : le tamarin empereur à menton noir (Saguinus imperator imperator) et le tamarin empereur barbu (Saguinus imperator subgrisescens).

Caractéristiques morphologiques  

- Longueur du corps : 23 à 26 cm.
- Longueur de la queue : 39 à 42 cm.
- Poids : 450 g en moyenne.

- Le tamarin empereur est caractérisé par sa longue moustache blanche. Le zoologiste suisse Goeldi nomma cette espèce «empereur» par plaisanterie en référence au dernier empereur allemand Guillaume II, dont la moustache très particulière a été à l’origine d’une mode au début du 20e siècle. Ce nom lui est resté.

- Cette moustache contraste fortement avec son visage noir. Le reste de son pelage est de couleur grisjaune, avec une face ventrale plus claire.

- Sa queue est de couleur rousse. Elle n’est pas préhensile mais l’animal l’utilise comme balancier lorsqu’il saute dans les arbres. 

- Ses pattes sont équipées de griffes sauf aux gros orteils qui se terminent par un ongle plat. Ces griffes lui permettent d’agripper solidement l’écorce des arbres ou de la creuser pour y trouver des insectes.

- Ses jambes longues et ses bras courts favorisent le déplacement dans les arbres. Ses paumes et plantes sont nues, ce qui améliore l’adhérence à l’écorce. Le tamarin court et saute de branche en branche avec agilité et rapidité.

Répartition géographique  

Le tamarin empereur est présent en Bolivie, au Brésil et au Pérou.

Habitat  

L’espèce fréquente les étages intermédiaires des forêts tropicales humides et des forêts inondées de façon saisonnière. Elle affectionne les zones renfermant de nombreuses lianes et des fourrés denses.

Régime alimentaire  

Le tamarin empereur est omnivore, il se nourrit de fruits, de fleurs et de leur nectar, de la sève des arbres, de miel, d’insectes, d’araignées et de petits vertébrés (lézards, grenouilles, oeufs d’oiseaux).

Les insectes constituent la part la plus importante de son régime alimentaire. En fin de saison sèche, la gomme des arbres fait également partie de son menu. Elle lui procure les oligo-éléments absents dans les autres aliments qu’il ingère en cette saison.

Grâce à son poids très léger, il peut se déplacer sur les branches les plus fines et ainsi se nourrir d’aliments inaccessibles aux singes plus grands.

Généralement cette espèce diurne chasse les insectes dans les feuillages, les lianes et les branches des strates inférieure et moyenne de la forêt. Elle parcourt environ 1 à 2 km par jour pour rechercher sa nourriture.

Un groupe reste 3 à 4 jours auprès d’un arbre lorsque ses fruits sont en fin de maturation. Il se déplace ensuite vers un autre site de nourrissage. Par ce comportement, les tamarins jouent un rôle important dans la dispersion des graines et la vie d’une forêt.

Structure sociale  

Cette espèce vit en groupe constitué de plusieurs mâles et femelles non apparentés (2 à 8 individus). Généralement, 1 seule femelle se reproduit avec 1 à 2 mâles adultes. Le reste du groupe comprend des jeunes d’âges variés.

Une hiérarchie existe au sein de ce groupe, elle dépend du sexe et de l’âge des individus : la femelle la plus âgée est généralement la dominante.

La taille du territoire varie en fonction de l’habitat et des ressources alimentaires. Elle est de 30 à 40 ha pour un groupe de 4 individus.

La communication chez les tamarins passe essentiellement par des signaux auditifs et olfactifs. Ils utilisent en effet plusieurs vocalisations ou sons différents qui se rapprochent de ceux des oiseaux. De plus, certains de leurs cris ne sont pas audibles par notre oreille. La visibilité étant limitée au niveau du feuillage des arbres, les tamarins ont développé une communication vocale complexe pour palier cette difficulté à utiliser des signaux visuels. Ces vocalisations permettent par exemple de maintenir la cohésion au sein d’un groupe ou de défendre un territoire. Elles sont également utilisées pour prévenir la troupe de l’arrivée d’un prédateur.

Le marquage olfactif est aussi un mode de communication très employé par les tamarins empereurs. Ils possèdent des glandes périanales, sternales et suprapubiennes qu’ils frottent sur divers substrats pour les imprégner de leur odeur. Ces sécrétions renferment plusieurs informations sur celui qui les a déposées : identité, âge, statut reproducteur, statut hiérarchique...

Les tamarins sont très territoriaux : les adultes des 2 sexes parcourent régulièrement leur territoire et le marquent à l’aide de leurs glandes. Ce sont les endroits les plus stratégiques qui sont ainsi choisis. Un groupe qui se présente alors à ces «bornes» de marquage sait que le territoire est déjà occupé et va s’installer ailleurs.

Lorsqu’ils se reposent, les tamarins passent de longs moments à se toiletter les uns les autres. Ils entretiennent ainsi la cohésion au sein du groupe. Par ailleurs, ils disposent de quelques rares mimiques faciales et postures pour exprimer leurs «émotions».

Ces tamarins passent en moyenne 20% de leur temps à se déplacer, 15% à se nourrir de végétaux, 40% à chasser les insectes et 25% à se reposer.
Ils sont actifs le jour et se reposent la nuit, tous regroupés dans un entrelacement de lianes en haut d’un arbre isolé.

Lorsqu’ils se reposent ou se nourrissent de fruits et de nectar, ils restent proches les uns des autres. Quand ils chassent, ils se dispersent et maintiennent le contact en poussant régulièrement des cris.

Reproduction  

- Durée de la gestation : 140 à 145 jours.
- Taille de la portée : 1 à 3 petits (rare).
- Sevrage du jeune : vers 3 mois.
- Maturité sexuelle : 16 à 20 mois.

Cette espèce se reproduit de façon saisonnière, on observe un pic des naissances entre septembre et mars.

La femelle dominante d’un groupe sécrète des phéromones qui suppriment l’ovulation chez les autres femelles du groupe. Lorsqu’elle est en chaleur, elle s’accouple avec tous les mâles adultes du groupe.

Elle donne généralement naissance à des jumeaux qui pèsent chacun une quarantaine de grammes environ. Ils restent agrippés au dos des adultes durant 7 semaines avant de pouvoir se déplacer seuls. Les nouveaux-nés sont recouvert d’un pelage qui est moins fourni sur le ventre et l’abdomen. Cela facilite le transfert de chaleur de l’adulte au jeune qui ne peut réguler la température de son corps durant les 2 premiers mois de sa vie.

Le père et les autres membres du groupe participent à l’élevage des jeunes. Ils les portent, les toilettent, jouent avec eux et ne les rendent à la mère que pour la durée de leur nourrissage. De même, ils leur procurent de la nourriture lorsqu’ils sont sevrés vers 3 mois. En s’occupant ainsi des jeunes, les femelles subordonnées qui ne se reproduisent pas acquièrent de l’expérience. Elles la mettront à profit si elles quittent un jour leur groupe pour fonder leur propre troupe.

La longévité du tamarin empereur est d’environ 10 à 15 ans dans le milieu naturel, et de 15 à 20 ans en captivité.

Protection de l'espèce  

Cette espèce n’est actuellement pas menacée de disparition. L’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN) l’a classée dans la catégorie « Préoccupation mineure ».

Cependant, dans certaines régions ses effectifs déclinent à cause de la réduction ou de la transformation de son habitat. La déforestation, pour la construction de barrages hydroélectriques ou d’autoroutes, ou pour la conversion en pâturages, ainsi que le morcellement de la forêt isolent ses populations.

Le développement du marché des animaux de compagnie et des animaux pour la recherche médicale contribue également au déclin de cette espèce.

Le tamarin empereur est donc protégé par des lois internationales et nationales. Il est placé sur la liste officielle nationale des espèces menacées au Pérou et au Brésil. Il est également présent dans des réserves et parcs nationaux.

L’espèce est par ailleurs classée en Annexe II de la Convention de Washington sur le commerce de la faune et de la flore menacées.

Le saviez-vous ?  

Les tamarins empereurs s’associent parfois aux tamarins à manteau brun (Saguinus fuscicollis) et défendent leur territoire en commun. Cependant les tamarins empereurs sont toujours les dominants. Cette association permet à tous de bénéficier d’une meilleure détection des prédateurs. D’ailleurs, les vocalisations et cris d’alarme d’une espèce sont compréhensibles par l’autre, qui est également capable de lui répondre !